Le bâti est-il le même partout dans le 3e et le 6e arrondissement ?
Non : immeubles bourgeois de la fin du XIXe siècle dans le 6e, tissu mêlé dans le 3e avec reconstructions et Part-Dieu, maisons à Montchat, parfois dans une même rue.
Traverser le 6e et le 3e, c'est traverser plusieurs siècles de construction en quelques centaines de mètres. Le 6e arrondissement (Brotteaux, Foch, abords du parc de la Tête d'Or) est surtout composé d'immeubles bourgeois de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, avec de grands appartements et de belles hauteurs. Le 3e arrondissement est un tissu beaucoup plus mêlé : immeubles du XIXe siècle, reconstructions d'après-guerre, quartier d'affaires de la Part-Dieu et ses ensembles plus récents, et, du côté de Montchat, des maisons et de petits immeubles à échelle de village.
Cette mixité a une conséquence décisive : dans une même rue, on peut trouver des planchers en bois d'un côté et des dalles en béton de l'autre. Or le type de plancher change tout dans la manière d'aborder un mur, comme le montre ce tableau simplifié.
Charges reprises par les solives et les murs sur lesquels elles reposent ; sens de portée à identifier ; souplesse, flèche, sensibilité à l'humidité et aux surcharges ponctuelles (baignoire, îlot, bibliothèque).
Charges réparties par la dalle, parfois sur plusieurs appuis ; les murs porteurs peuvent être des voiles béton, dont l'ouverture est un cas particulier (voir notre page Lyon 7e et 8e) ; armatures à ne pas couper à l'aveugle.
Comment savoir sur quel type de plancher on se trouve ?
Par recoupement d'indices puis par une visite : date de construction, aspect de la cave et du plafond, documents de l'immeuble. Aucun indice ne remplace un sondage.
Aucun de ces indices ne remplace un sondage, mais ils orientent la discussion avant la visite :
- La date de construction de l'immeuble : avant les années 1920, les planchers bois ou métal-brique dominent ; après la guerre, le béton armé s'impose.
- L'aspect du plafond et de la cave : des voûtes de brique ou des solives visibles à la cave laissent penser à un plancher ancien ; un dessous lisse et uniforme, à une dalle.
- Le comportement au bruit : un plancher bois transmet davantage les bruits de pas, une dalle est plus sourde. Un indice, rien de plus.
- Les documents de l'immeuble : plans d'origine, règlement de copropriété, diagnostics existants. Le syndic peut disposer de plans, parfois incomplets.
- Les précédents travaux : un immeuble ancien a pu voir une partie de ses planchers remplacés par des dalles, ou des poutres ajoutées.
Quels projets d'ouverture selon le quartier : 6e, Part-Dieu ou Montchat ?
Cuisine ouverte dans les grands appartements du 6e, cloisons à vérifier dans les immeubles de reconstruction, extension ou ouverture dans les maisons de Montchat.
Dans les grands appartements du 6e
Cuisine ouverte sur la salle à manger, suppression d'un couloir ou d'un cabinet de toilette : les pièces en enfilade et les grandes hauteurs favorisent les réaménagements. Sont à surveiller les cloisons de distribution qui portent une solive, et les décors (corniches, moulures, parquets) à raccorder après travaux.
Dans les immeubles de reconstruction et de la Part-Dieu
Ici, les murs sont plus souvent en béton, et les logements plus compartimentés en plans-types. Ouvrir une cloison légère est fréquent, mais il faut d'abord distinguer un voile porteur d'un simple doublage. La question du contreventement de l'immeuble s'ajoute à celle des charges.
À Montchat et dans les maisons de ville
Le propriétaire décide lui-même, mais la responsabilité reste entière. Ouvrir la cuisine sur le séjour, créer une extension, ou installer une salle de bains à l'étage sur un plancher bois sont des projets typiques, ces derniers imposant de vérifier la portance du plancher.
Quelles démarches pour ouvrir un mur porteur dans le 3e ou le 6e ?
En immeuble, l'accord de l'assemblée générale sur la base d'une note de calcul ; en maison, pas d'assemblée mais des justificatifs attendus par l'assureur et l'entreprise, et une vérification en mairie pour une extension ou une modification de façade.
Immeubles collectifs. Le mur porteur relève des parties communes : autorisation de l'assemblée générale, note de calcul, information du syndic. Dans un immeuble mixte du 3e, il n'est pas rare qu'un lot soit sur dalle et le lot voisin sur plancher bois, ce qui peut faire varier l'analyse d'un étage à l'autre.
Maisons. Pas d'assemblée, mais votre assureur, l'entreprise et, le cas échéant, la mairie attendent des justificatifs. Une extension, un changement de façade ou de destination doit être vérifié auprès du service urbanisme de la Ville, ou de la mairie d'arrondissement (3e ou 6e).
Secteurs protégés. Ces arrondissements ne sont pas concernés dans leur ensemble, mais certaines rues ou abords de monuments peuvent l'être : une simple vérification en mairie évite les mauvaises surprises.

Photo d'illustration.
Combien coûte l'étude d'un mur porteur dans le 3e ou le 6e ?
Indicativement de 700 à 1 000 € HT pour l'étude d'une ouverture et de 2 500 à 11 000 € TTC pour les travaux, selon la largeur.
Les prix suivants donnent des ordres de grandeur, jamais un devis :
- étude d'ouverture dans un mur porteur : 700 à 1 000 € HT ;
- travaux de l'ouverture : 2 500 à 11 000 € TTC selon la largeur ;
- étude sur une cloison, pour savoir si elle porte : 700 à 800 € HT ;
- étude d'un plancher (ajout d'une salle de bains, d'un îlot, de rayonnages lourds) : 1 000 à 1 500 € HT.
L'écart entre un plancher bois et une dalle se voit surtout dans la méthode : sondage et étaiement fin pour l'un, contrôle des armatures pour l'autre.


