Comment fonctionne un moisage métallique par deux profilés en U ?
Le moisage métallique enserre une poutre ou une solive en bois entre deux profilés en U (des UPN), un de chaque côté, serrés l'un vers l'autre par des boulons qui traversent le bois.
Les profilés se posent de l'extérieur, contre les flancs de la pièce. Le dos de l'âme, c'est-à-dire la face plane du U, est plaqué contre le bois ; les ailes restent tournées vers l'extérieur. Des boulons traversants, avec rondelles et écrous, assurent le serrage. Le bois et l'acier travaillent alors ensemble pour reprendre les charges du plancher.
Le moisage consiste à ajouter une pièce contre le flanc d'une solive ou d'une poutre. Le calepin de chantier PACTE, consacré aux planchers mixtes bois béton, présente parmi les réparations de poutres anciennes des assemblages par plaques de bois ou par profilés métalliques boulonnés, d'un principe voisin. Les autres techniques sont décrites dans l'article sur le renforcement d'un plancher bois ancien et dans le guide du renforcement de plancher bois à Lyon.
Pourquoi placer le dos de l'âme contre le bois, ailes vers l'extérieur ?
Parce que cette disposition offre au bois une face plane sur toute la hauteur du contact, là où un U retourné ne le toucherait que par le bord de ses ailes.
- Un contact sur toute la face. Les efforts passent du bois au métal par la surface de l'âme et par les boulons, plutôt que par deux lignes de contact étroites.
- Une reprise des efforts centrée. Deux profilés symétriques encadrent la pièce : en principe, le renfort ne la déporte pas d'un côté.
- Un faible encombrement. Chaque profilé ne dépasse du flanc que de sa propre épaisseur, ce qui garde la hauteur libre sous le plafond.
- Pas de dépose du plancher. Les profilés se posent par les côtés, depuis le dessous : lames et parquet restent en place. Le faux plafond ou les cloisons qui masquent les flancs, eux, sont à déposer.
Cette disposition n'est pas la seule possible. Le choix entre profilés en U, pièces de bois ou autre technique revient à l'ingénieur, selon l'état de la pièce, l'accès et les charges à reprendre.
Sur quels points faut-il être vigilant avec un moisage métallique ?
Sur sept points, dont la plupart tiennent au bois ancien plus qu'à l'acier.
| Point | Ce qui se joue |
|---|---|
| Appuis et longueur des profilés | Un profilé qui s'arrête en cours de portée ne soulage pas les appuis : il doit porter jusqu'aux appuis ou y être ancré. Or l'extrémité d'une solive scellée dans la maçonnerie est la zone la plus sujette aux dégradations, selon les Compagnons du Devoir : elle se sonde avant tout. |
| Cales ou fourrures | Un bois vrillé, gauchi ou irrégulier ne touche pas l'âme sur toute sa face. Des cales ou des fourrures rattrapent le jeu pour que le contact reste franc. |
| Serrage et resserrage | Le bois change de dimension quand son humidité varie. Un bois qui achève de sécher peut se retirer et desserrer les boulons : un contrôle de serrage, donc un accès aux écrous, est à prévoir. |
| Protection anticorrosion | L'acier est protégé (peinture, galvanisation) selon l'ambiance de la pièce. Un mur qui suinte ou une pièce humide aggravent le risque. |
| Comportement au feu | L'acier perd sa stabilité quand il s'échauffe. Une protection (peinture intumescente, habillage) peut être demandée, selon le bâtiment et les durées de stabilité exigées. |
| Étaiement pendant la pose | Le plancher est soulagé avant toute intervention sur la pièce, par un étaiement conçu par des professionnels, qui prend appui sur un niveau capable de le reprendre. |
| Perçage du bois ancien | Chaque trou traversant retire de la matière. Leur position évite les fentes, les nœuds et les zones attaquées : elle est fixée par le calcul, pas au jugé. |
Sur le feu, la Fédération française du bâtiment rappelle que l'acier a une température critique au-delà de laquelle il perd sa stabilité, et que des protections rapportées existent. Pour les logements, l'arrêté du 31 janvier 1986 fixe des durées de stabilité au feu des planchers selon la famille du bâtiment, du quart d'heure à une heure et demie. Le niveau exigé pour un renfort en immeuble ancien se discute avec l'ingénieur et, au besoin, un bureau de contrôle. Le principe d'un étaiement est détaillé dans l'article sur l'étaiement d'une ouverture.
Que vérifie l'ingénieur structure avant de prescrire un moisage ?
Il vérifie d'abord si la pièce est saine et si ses appuis le sont, puis si le renfort suffit pour les charges prévues.
- L'état du bois. Sondage, humidité, insectes, fentes : un moisage ne remplace ni une pièce pourrie ni un traitement (voir l'article sur la poutre pourrie ou attaquée par les insectes et celui sur la poutre fissurée).
- Les appuis dans les murs. Le renfort n'apporte rien si l'extrémité qui le reçoit est altérée.
- Les charges. Celles d'aujourd'hui, et celles que le projet ajoute : cloison, cuisine, îlot, ouverture d'un mur.
- Le comportement d'ensemble. Flèche, vibrations, feu, accès au chantier et hauteur disponible.
Le résultat prend la forme d'une note de calcul et de plans, avec des réserves pour ce qui n'a pas pu être vérifié. Le contenu d'une note est expliqué dans le guide sur la note de calcul d'un mur porteur. Le calepin PACTE précise que les travaux doivent être réalisés par des professionnels, sur la base des conclusions d'une note de calcul.
Faut-il choisir le métal ou le bois pour moiser ?
Le métal convient quand la place manque et que le bois d'origine est sain ; le bois se préfère quand on veut garder l'aspect d'un plafond ancien.
Le moisage bois, avec des pièces neuves boulonnées de chaque côté, est présenté dans l'article sur le moisage bois d'une solive ou d'une poutre. Pour comprendre comment un ingénieur raisonne sur les profilés d'acier en général, voir l'article sur les poutres IPN, IPE et HEB. Dans les appartements de canuts de la Croix-Rousse, où les plafonds à solives sont souvent conservés, la page sur les murs porteurs à la Croix-Rousse donne le contexte.
Combien coûte un moisage métallique ?
L'étude d'un renforcement de plancher se situe autour de 1 000 à 1 500 € HT ; les travaux ne se chiffrent que sur devis.
La grille indicative des honoraires d'étude de ce site donne les ordres de grandeur d'un bureau d'études structure à Lyon. Le prix des travaux dépend de la longueur à renforcer, de l'accès, de la protection contre le feu, de l'état des appuis et des éventuelles réparations préalables : il ne se devine pas sans diagnostic. Pour cadrer votre projet, l'outil gratuit permet de demander une étude à un bureau d'études partenaire.
Questions fréquentes
Un moisage métallique se pose-t-il sans étais ?
En règle générale, non : le plancher est soulagé pendant la pose par un étaiement que conçoit et surveille un professionnel. Cet étaiement doit lui-même reposer sur un niveau capable de reprendre la charge.
Les profilés restent-ils visibles sous le plafond ?
Ils dépassent sur les flancs de la pièce et peuvent rester apparents, être peints ou être habillés. L'habillage doit tenir compte de la protection au feu et laisser un accès aux boulons pour un contrôle de serrage : à discuter avec l'ingénieur.
Peut-on moiser une poutre attaquée par les insectes ou la pourriture ?
Pas avant d'avoir traité la cause et écarté le bois altéré. Un renfort posé sur un bois dégradé ou sur un appui pourri ne remplit pas son rôle, d'où l'importance du sondage préalable.
Qui décide de la technique de renfort ?
Un ingénieur structure, dans sa note de calcul. L'entreprise met en œuvre ce qui est prescrit et ne doit pas changer le renfort de sa propre initiative.
Sources
- Programme PACTE, DGALN/DHUP : calepin de chantier « Planchers mixtes bois béton » (avril 2017) (réparation de poutres anciennes par plaques de bois ou profilés boulonnés, étaiement sur planchers bois, travaux par des professionnels sur la base d'une note de calcul).
- Compagnons du Devoir du Tour de France : identifier le système constructif d'un plancher, d'un solivage (juin 2013) (extrémités de solives noyées dans la maçonnerie plus sujettes aux dégradations).
- ATIBT : retraits, déformations et fentes de séchage (variations de dimensions du bois avec son humidité).
- Fédération française du bâtiment : garantir la tenue au feu des éléments métalliques rapportés (température critique de l'acier, protections rapportées).
- Légifrance : arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation (durées de stabilité au feu des planchers selon la famille du bâtiment).
Article d'information générale rédigé par Porteur ou pas. Il ne remplace pas l'avis d'un ingénieur structure qui a vu votre plancher.



